RCBEL

Réseau de chirurgie bariatrique de l'est Lyonnais

La chirurgie colique

Introduction

Le colon dessine un véritable cadre dans le ventre débutant à droite (là où se trouve l'appendice), montant sous le foie pour traverser l'abdomen, grimper sous les côtes à gauche (angle gauche) et redescendre jusqu'au sigmoïde (boucle en forme de S) et se continuer par le rectum qui s'ouvre à l'anus. Le colon a pour fonction essentielle d'absorber eau et électrolytes rendant les matières fécales solides ("moulées") alors qu'elles sont très liquides à la fin de l'intestin grêle. L'activité bactérienne y est intense (production de gaz).

On distingue les pathologies cancéreuses des pathologies non cancéreuses.

cadre colique anatomie du colon

1. Le cancer du colon

Il est relativement fréquent. Il peut être guéri s'il fait l'objet d'un dépistage ce qui permet de le traiter à temps. Le dépistage se fait par le biais d'une coloscopie (examen de l'intérieur du colon à l'aide d'un endoscope, réalisé sous anesthésie générale et nécessitant une hospitalisation d'une demi journée).

Le dépistage est proposé pour les patients ayant un membre de la famille atteint d'un cancer du colon, et en cas de saignement par l'anus.

2. Maladies non cancéreuses du colon

lavement colique

La plus fréquente est la maladie diverticulaire ou diverticulose sigmoïdienne. Il s'agit de diverticules qui forment des petites hernies dans la paroi du colon. Elle peut se traduire par des crises douloureuses en bas du ventre à gauche, avec parfois de la fièvre. Il s'agit de la crise de sigmoïdite diverticulaire. La crise peut céder à l'aide d'un traitement médical associant des antibiotiques et une diète. Elle peut aussi se compliquer d'une occlusion ou d'un abcès, tous deux impliquant une hospitalisation et un traitement qui peut rester, médical, radiologique voir nécessiter une intervention en urgence avec un risque élevé d'anus artificiel temporaire.

Les autres maladies non tumorales atteignant le colon sont beaucoup plus rares. Il s'agit des maladies dites inflammatoires : rectocolite hémorragique et maladie de Crohn.

La chirurgie

> Généralités

colon rapport anatomique

Ces opérations comportent un temps de résection, c'est-à-dire l'enlèvement de la portion malade, et un temps de reconstruction, consistant à "rabouter" les deux extrémités laissées par la résection (l'anastomose). L'étendue de la résection est fonction de la maladie. La réparation est plus ou moins compliquée.

La stomie, encore appelée anus artificiel, (ou même "poche", ces colostomies étant appareillées par des poches) est exceptionnelle. Ces situations sont largement prévisibles, votre chirurgien vous expliquera votre situation personnelle.

> Avant l'intervention

  • Une préparation du contenu colique est nécessaire: régime sans fibre végétale (pas de crudités, pas de fruits crus, pas de légumes à fibres dures) pendant une semaine avant l'opération ;
  • Une préparation nutritionnelle par compléments nutritionnels à domicile est systématiquement associée 8 jours avant la chirurgie ;
  • Un bilan d'opérabilité est assuré par le cardiologue et l'anesthésiste dans les jours qui précèdent le geste ;
  • Une Voie Veineuse centrale sera mise en place la veille de l'opération pour faciliter la réhydratation ;
  • Un cathéter peridural pourra être mis en place en vue d'un contrôle plus efficace de la douleur post opératoire ;
  • Une sonde urinaire sera mise en place durant l'anesthésie générale afin de quantifier la quantité d'urine. Elle sera laissée en place pendant quelques jours.

> L'intervention

coelioscopie

  • La cœlioscopie sera privilégiée aussi souvent que possible, y compris pour les cancers. A l'aide de 3 orifices de 10 à 15 mm et une cicatrice d'appendicite, l'ablation du colon peut-être réalisée ;
  • Elle augmente le temps opératoire (2 à 3 heures) mais permet de faciliter les suites en terme de délai d'hospitalisation et de reprise de l'activité physique et professionnelle ;
  • L'intervention se déroule sous anesthésie générale ;
  • La suture entre les 2 segments digestifs (anastomose) est réalisée avec des pinces automatiques qui agrafent le colon et permettent d'augmenter le niveau de sécurité de la suture.

> Après l'intervention

  • Le plus souvent l'opéré est placé en surveillance en Unité de Soins Intensifs ;
  • Des anticoagulants sont presque toujours prescrits pour prévenir une phlébite de même que des bas de contention ;
  • La reprise de l'alimentation n'est autorisée que lorsque l'activité intestinale s'est rétablie (gaz ou selles); il faut pour cela 2 à 5 jours ;
  • L'hospitalisation dure ainsi de 5 à 7 jours pour une coelioscopie et de 8 à 10 jours pour une laparotomie, en moyenne ;
  • Le séjour en maison de repos n'est conseillé qu'en l'absence de possibilités d'aide à domicile pendant les 3 à 4 premières semaines ;
  • La reprise des activités physiques et sportives dépend du type d'incision réalisé. Vous serez conseillé sur ces points là, comme sur la nécessité éventuelle d'une surveillance ultérieure (examens, coloscopie etc.) lors de la consultation postopératoire, vers la fin du premier mois postopératoire.

> Complications potentielles

Il s'agit d'une chirurgie très codifiée. Malgré la maîtrise de la technique acquise ces vingt dernières années, cela reste une chirurgie importante. Elle laisse rarement de séquelle digestive et permet de s'alimenter normalement, les suites initiales passées.

Les complications directement chirurgicales sont devenues rares :

  • Défaut de cicatrisation de l'anastomose, appelée fistule, potentiellement grave, pouvant nécessiter une réintervention ;
  • Abcès survenant sur la cicatrice abdominale (sous la peau) ;
  • Complications dites "générales" liées à la longueur de l'opération, a l'état du patient: infections pulmonaires, environ 10 % des cas, complications cardio-vasculaires, infections urinaires… ;

Au total, ces complications peuvent apparaître dramatiques mais restent exceptionnelles dans des équipes entraînées.

> Surveillance ultérieure

En cas d'intervention pour sigmoïdite

Après une sigmoïdectomie pour sigmoïdite, les fonctions digestives retrouvent leur normalité.

Sur le plan digestif, il n'y a pas lieu de réaliser de surveillance particulière. En effet il s'agit d'une maladie bénigne et aucun examen à titre systématique n'est justifié.

Si vous avez été opéré par laparotomie, c'est à dire avec une ouverture conventionnelle, le seul risque est l'éventration. Il s'agit de l'écartement des muscles par lâchage des sutures en dessous de la peau. Cette complication est détectée par votre médecin traitant qui motivera une consultation vers le chirurgien qui vous a opéré. Une consultation simple 1 mois après avec le chirurgien est nécessaire pour contrôler le retour à la normale.

En cas d'intervention pour cancer

Le colon enlevé est analysé par des médecins anatomo-pathologistes pour évaluer le stade de la tumeur.

En fonction du stade une chimiothérapie est proposée afin de diminuer le risque de récidive. Cette chimiothérapie est réalisée au cours de séances de 2 heures et sans hospitalisation prolongée. Celle-ci pourra être réalisée dans notre établissement. Ses effets secondaires ne sont pas aussi violents que ceux des autres chimiothérapies. Sur le plan digestif le retour à la fonction normale est habituel.

La surveillance est fortement conseillée. Elle est conduite par l'équipe de gastroentérologue de l'établissement en collaboration avec le médecin généraliste. Elle nécessite une radiographie des poumons, une échographie abdominale, une prise de sang et avec une fréquence plus rare une coloscopie. La fréquence de ces examens est définie dans chaque cas.

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